skip to Main Content

Provisions et emprunts : deux organisations spatiotemporelles

L’emprunt sur le milieu naturel

Depuis quelques temps, on est inquiet pour les thons : l’espèce du thon rouge en méditérannée est sur le point de disparaître à l’état naturel (voir ce lien illustrant ce sujet) . Heureusement, des mesures de régulation et l’arrivée de quotas permet actuellement de gérer le nombre de thon, et de conserver l’activité de la pêche.

Des navires bourrés de haute technologie, d’une valeur conséquente, doivent être amortis en ramenant leur ratio de pêche. En achetant le navire, on prend directement un crédit, sur la population de thons; le remboursement du crédit dépend du nombre de thons pêchés : acheter un équipement pour pêcher le thon, c’est prendre un emprunt sur le futur du milieu naturel.

Provisions

De petites structures, toujours dans le monde agricole, fonctionnent sur le système des provisions : il s’agit de récupérer des graines ou des matières appropriées à la culture que l’on souhaite mettre en place, permettant ainsi d’assurer la saison suivante. Pour organiser les provisions, on pratique l’épargne. On peut faire évoluer ses cultures, selon l’évolution des conditions au fil des années, repérer de nouvelles façons, et à ce titre profiter de la biodiversité. Celle-ci est alors exploitable et nécessaire pour l’équilibre sur le long terme. Cela vaut peut-être l’expression « épargner la nature »…

Des avenirs différents

Cette logique peut aller très loin, par exemple en arboriculture, où des plantations sont réalisées pour ‘l’usufruit‘, et non pas le ‘profit’, de générations plus lointaines (parfois 3 générations). Entre emprunts et usufruit, l’avenir est donc différent. Dans le cas de provisions, si les conditions naturelles sont défavorables, on peut toujours être actif pour s’adapter. On profite alors de la diversité du milieu. Dans le cas d’un crédit, il est très difficile d’évoluer sous la pression : les traites passent très vites, et sont irréversibles. Emprunt ou provision, la sémantique est très nuancée. Cependant, le milieu naturel semble directement être concerné.

Repères : 

– Organisme : CCFD Terre Solidaire

– Articles : La pêche au Thon

La transmission de connaissances dans le rural

La structure traditionnelle de transmission dans le monde rural, s’est toujours appuyée sur le passage de connaissance entre générations. Ce passage de connaissance, doublé d’une solidarité au profit des plus agés, a été rompu pour des raisons bien expliquées, lors de la période de l’exode rural. Ceci a occasionné une révolution profonde des pratiques agricoles orientées vers la productivité.

Le mouvement de l’agriculture bio essaye de reprendre le fil de la transmission et de la solidarité, en changeant légèrement l’axe. Les deux principes retenus sont les formations et le woofing. Le Woofing est une technique de solidarité permettant de transmettre des connaissances non pas à des générations successives, mais à des personnes ayant d’autres territoires. L’échange entre territoires y est effectif, et le temps est apprécié autrement : il s’agit de juger si des graines de connaissances semées ici portent leurs fruits ailleurs au bout de quelques années.

Le woofing hérite également d’une culture de l’échange existant dans le monde agricole. Le volume des exploitations pouvant profiter de cet apport de main d’oeuvre en ‘préformation’, non professionnelle mais attirée par les activités agricoles, des circuits de distribution locaux peuvent apparaître ou se développer : vente à la ferme, marché, création d’épicerie bio, restauration.

L’agriculture reste un métier en prise avec les « Géants« , qui parfois jouent des tours, parfois apportent la profusion. Elle demande une structure sachant évoluer, et pour cela il faut avoir la possibilité de travailler collectivement. L’apport de la technique est forcément utile, mais le stade où elle occulte les éléments est peut-être à surveiller. A ce niveau, le web peut apporter, avec des idées comme le woofing, un surplus de connaissances permettant d’amortir l’évolution des situations dans le temps.

 

La lecture dans les cafés

Dans les cafés, il y a encore 30 ou 40 ans, il y avait des bouquins. On pouvait passer sa journée au café, sans forcément boire, et feuilleter un atlas, un bouquin illustré ou pas, lire des nouvelles, autres que celles du journal. Il reste même encore quelques endroits où cela se trouve encore.

Le café pouvait servir de relais en cas d’utilisation de transports en commun : l’un des aspects importants de l’utilisation des transports public est en effet la correspondance. Le temps d’attente pouvait être occupé par quelques heures dans un café. Il pouvait servir de lieu de rencontre, de découverte, de discussions pas forcément engageantes pour les interlocuteurs. La lecture est restée une bonne technique pour sympathiser dans un lieu public.

Aujourd’hui, on est entouré par des myriades de bouquins d’excellente qualité, mais le lieu pour échanger la parole et relayer les émotions a un peu disparu. Une structure autour de cafés littéraires, librairies servant le café, rencontres temporaires, a essayé de reprendre ce qui semble être nécessaire aux échanges. Des initiatives comme le dépôt de livres dans les lieux publics  en Pologne, ont effleuré cette culture.

Certains cafés, comme le Flore, sont restés célèbrissimes dans nos souvenirs. Les discussions entre artistes on fait le lit de mouvement culturels, parfois assez abstraits (Sartre, Prévert, Picasso, ou Dali sur la côte méditérannéenne), mais qui peuvent parfois manquer. Notre culture ayant évolué, ce genre d’espaces de discussion a disparu. Le numérique peut faire office de culture artistique abstraite, mais les conversations manquent autour des écrans et des consoles de jeux.

ChezNous, avec ses éditions Transmédia, souhaite aider à évoluer vers de nouvelles utilisations des relais spatiaux, comme les cafés. L’Avenir des Pixels est entre nos mains, devrait préfigurer cette étape.

Le web et la musique

Les ouvrages des Lumières furent conçus avec des plans.

On peut même aller plus loin : Diderot, parle dans son introduction d’arbre de connaissances. Lui-même, a vu son encyclopédie comme une Mappemonde, où les lettres et les articles seraient des continents, dans lesquels on pourrait naviguer.

Le plan comme base de nos réflexions

Le plan est aujourd’hui utilisé pour structurer nos réflexions. Planifier ses actions, se faire un plan de charge pour organiser son œuvre dans le temps, se faire un planning. Les informaticiens, eux, voient l’informatique comme une carte, parcourue de programmes : on a un urbanisme des données, des architectes. La carte mère de nos ordinateurs supporte des circuits intégrés, avec des bus qui distribuent les informations.

La nature peut parfois nous dépasser. Le fait de composer avec elle peut être vu comme une faiblesse. Mais composer avec les éléments arrive vite lorsque l’on entre en action. Les personnes qui on construit le paysage, les paysans, jouaient avec les éléments (le vent, la terre, l’eau, le feu), afin d’en récolter les fruits.

Le web : la musique ou le bruit ?

Internet nous apporte une nouvelle culture et des liens, qui réorganisent complètement le monde de tout un chacun, en reconstruction par les langages informatiques.

Tant qu’à étudier le champs sémantique, allons par là. L’informatique est aussi probablement une musique : transistors, disques (durs), claviers, touches, clés de claviers… entre lesquels circulent des décibels (ce sont les signaux à partir desquels sont créés les octets). Ces décibels sont aussi des bruits, et faire d’un bruit une musique, demanderait un bon compositeur. Peut-être trouve-t-on là la duplicité liée à l’informatique… Musical, cet outil est très ludique, il nous rassemble tous, et nous rapproche, de manière un peu irrationnelle et incontrôlée.  Mais bruyant, cet outil peut aussi nous manger, tel un monstre, et même manger notre culture. Le fil entre les deux, la musique ou le bruit, la composition ou la planification, est difficile à trouver.

Composer avec le bruit dans la cité

Les déplacements automobiles pourraient être limités grâce à l’informatique, avec le télétravail. Mais ceci demande une autre organisation que l’urbanisme en zones, en vogue aujourd’hui, et cette organisation a pu exister au 19ème siècle, lorsque de nombreuses petites mains œuvraient à la maison, pour des usines de manufacture.

Sur un plan sensible, le silence nourrit, mais le bruit nous bouffe la santé. Sur un plan matériel, le silence est abominable, et le bruit est signe de vie. Dans la cité, le bruit vient énormément des déplacements. A partir d’une certaine dose, les bruits venants des déplacements sont nuisibles, alors qu’à des doses bien cadencées, les bruits sont souvent perçus comme des bonnes nouvelles.

En fait, cette organisation accompagnerait un exode urbain, qui peu à peu semble s’organiser aujourd’hui. La mutation informatique, si elle est faite dans ce sens, pourrait permettre de réussir une transition énergétique : réduction des déplacements automobiles, et organisation de nombreuses relations par l’outil informatique. Entrer dans cette évolution est l’un des paris du chemin pris par ChezNous. Notre Officier en Chef du Chaos, Mathieu Coste (Chief Chaos Officer), est là pour essayer  de  mettre en harmonies les communautés et leurs terroirs.

Repères : 

Article : La disparition des centres commerciaux 

Magazine: L’incroyable encyclopédie musicale

Culture en ville et alimentation

La ville serait née de l’agriculture, car cette dernière permet la stabilité d’une population sur une zone donnée, et lui assure la nourriture sur toute l’année. Une ville hérite-t-elle de l’âme de sa campagne ? En tout cas la réapparition de l’agriculture urbaine, est à observer à ce titre : fera-t-elle par exemple évoluer les commerces d’une ville ?

ville d’Arcueil s’est lancée cette année pour structurer l’organisation d’une ville comestible, où le végétal est compris comme une ressource.

Mike Metz, certifié en permaculture, se faisait récemment cette réflexion, suite aux rencontres et aux échanges réalisés avec d’autres paysans en France et à l’étranger :

« En matière de potagers et d’agricultures locales, j’ai découvert qu’aux USA et au Canada, il y a des agriculteurs urbains qui travaillent sur petites surfaces et en circuits courts, et qui produisent beaucoup sur leurs parcelles. Ils suivent ou s’inspirent pour la plupart d’approches méthodiques (SPIN-farming, agriculture biointensive), dont les moteurs sont notamment des agriculteurs/formateurs comme Eliot Coleman, John Jeavons ou Jean-Martin Fortier, eux-même inspirés par les travaux des maraîchers parisiens du 19e siècle.
Les américains ont très bien -chacun à leur manière- formalisé des méthodes intensives et bio pour faire pousser fruits et légumes sur petites surfaces et les vendre en circuits courts. En Amérique du Nord, la commercialisation en circuits courts est peu ancrée dans les pratiques, et synonyme de prix plus élevés qu’en Europe pour les produits bio.
Si les méthodes d’Amérique du Nord sont transposables d’un point de vue cultural, elles nécessitent à mon avis d’être affinées pour atteindre un chiffre d’affaires suffisant afin d’être à l’équilibre financier et humain. Ceci étant dit ces approches en petites surfaces en bio-intensif semblent bien plus intéressantes plutôt que de faire du maraîchage bio avec un tracteur :
– moins de fatigue ou d’efforts physiques car moins de distances à parcourir,
– moins de coûts pour l’activité et sa maintenance : moins de consommation d’énergie fossile, moins de surfaces de sol à couvrir en couverts de forçage, etc.
– moins d’investissements financiers au départ : un gros motoculteur professionnel et ses 3 outils neufs coûtent un peu moins de 10.000 euros, alors qu’un tracteur avec ses outils coûte de 20 à 50.000 euros, les outils manuels professionnels sont plus petits que les outils motorisés et moins coûteux, etc.
Les avantages sont nombreux à énumérer. »

Cette méthode peut amorcer une décélaration de la demande énergétique, apporter une meilleure qualité nutritive des aliments, diminuer la pollution sonore et atmosphérique. Par ailleurs, les déchets sont très réduits. Ces aspects, apportent un contrepoids au manque relatif d’efficacité économique. Ecologie et économie ont d’ailleurs une racine en commun, le terme « Eco » signifiant maison. Différencier les deux, ou les opposer, est prononcer un éloignement avec notre milieu naturel. 

Repères: 

– Article : Une ferme urbaine à Lille

 

Pays et terroirs, cartographie et cadastre : la synthèse OpenStreetMap ?

Pays et terroirs

Les romains ont construit une civilisation très évoluée, dont de nombreuses traces existent encore, par exemple dans la viticulture, ou l’urbanisme. Et l’on pourrait même découvrir que cette civilisation a été la plus urbanisée et la plus architecurale des civilisations… 100 % bio…

Une organisation administrative, avec entre autres les Pays (pagus), était en place, et permettait un quadrillage qui allait même jusqu’au cadastre. Desservie par un réseau de route dont certaines sont encore utilisées, que ce soit en automobile ou à pied, cette organisation administrative permettait d’exploiter de très nombreuses ressources naturelles.

Aujourd’hui, et c’est un terme qui a conservé sa place dans le vocable administratif, alors que le terme de Terroir est devenu assez rare. Plutôt lié au peuplement, avec des racines beaucoup plus locales et profondes, le Terroir est en quelque sorte une somme de territoires, et il est constuit de toutes les nuances de ses habitants, et de ses conditions naturelles.

Cartographie et cadastre

Cartographie et cadastres sont le témoin de ces deux cousins aux histoires parallèles, terroir et pays.

Descartes était géomètre, et mathématicien.

C’est lui qui le premier, a appliqué l’algèbre à la géométrie, ce qui apporta une grande révolution dans la cartographie : elle est passée de la triangulation, avec les chaines d’arpenteurs, aux systèmes de coordonnées. Cela a permis au cartographe d’affiner ses cartes, sur son bureau, alors que le géomètre continuait d’aller sur le terrain.

La cartographie est à plus petite échelle que le cadastre. Elle est apparue dans sa forme moderne, avec des systèmes de coordonnées, vers le 17 me siècle. En France elle a été poussé à son maximum avant cette époque, par Cassini. Elle est projetée, ce qui limite la déformation sur la page. Elle a des couleurs. Ce n’est pas un document de comptabilité, ni d’enregistrement. C’est un document de localisation. La cartographie permet de disposer les informations, et file l’idée d’aménagement d’un terroir.

Ces deux niveaux d’échelle, parcellaire et cartographique, portent donc une frontière qui peut se résoudre peu à peu… mais qui reste tout de même très importante. Ce sont en fait deux évolutions parallèles de l’histoire : l’un sert plutôt pour l’administration et les impôts, l’autre plutôt pour la disposition des ressources.
Ces deux histoires différentes se retrouvent encore sur le papier, et même en informatique. Pour des questions de formats de fichiers notamment, les logiciels de cartographie numérique sont soit spécialisés dans les cartes, soit dans les cadastres.

Le cadastre est local, il est aujourd’hui beaucoup utilisé en urbanisme. Grâce à l’informatique, il s’améliore (ou se complexifie) régulièrement.Il faut tout de même savoir que le cadastre napoléonien est encore valable dans certaines zones, et que dans ce cas, on ne travaille pas toujours avec une projection géographique.

Le cadastre est à priori une réinvention de Napoléon, qui a voulu que toutes les parcelles soient mises sur papier. Il date du 18 è. Un cadastre très bien tenu existait déjà sous les Romains, mais à priori pas cartographié.
L’échelle est tellement grande qu’à cette époque, il n’était pas encore possible d’utiliser les projections. Le document est sobre, peu d’informations : parcelles, batiments, numéros des propriétaires.

Les couleurs sont en noir et blanc. Sur le terrain, les erreurs de précision entre le papier et la parcelle peuvent être jusqu’à 5 à 10m. La carte, par contre, porte un aspect artistique, et apporte avec les légendes une clé de connaissances qui relie le terrain et l’utilisateur de la carte.
Traditionnellement, si le cadastre est adapté pour le bio (finalement, les exploitations bio sont tout à fait rentables au niveau d’une ou deux parcelles) la cartographie est pour les conquêtes et les dominations de tous genres (et non pas domestication). Proposer une mutation de la cartogaphie vers un esprit de construction participative, peut être une passage pour construire une paix locale.

OpenstreetMap : le pont entre les deux

OpenStreetMap, semble donner la possibilité de synthétiser un certain nombre de ces tensions. C’est un fond de carte dressé par les citoyens « numérisés », avec des passages sur le terrain, et qui a une qualité de mise à jour et de finesse assez convaincante pour que les impots et l’Ign ont reconnu ce fond de carte, en s’appuyant dessus de manière officielle, et le cadastre est aussi officiellement intégrable dans ce « Mashup ».

La technicité pour utiliser ces outils reste cependant assez élevée, mais le gros avantage d’OpenstreetMap est de passer pas un système universel : Latitude-Longitude. la mouvance d’un tiers lieux, s’exprime aussi de cette manière, et semble profiler une technologie qui fait le lien entre deux méthodes différentes.

Question pour notre terre, mère nourricière : les dinosaures vont-ils nous manger ?…

L’un des logiciels les plus importants du web, est un navigateur, ou butineur : Mozilla.

Le nom de Mozilla fait penser à ‘Godzilla‘, qui est un monstre de série télé japonaise, incarnant un Dinosaure.

D’autres traces vues de-ci et delà, dans l’informatique, dessinent un monde de l’informatique et des logiciels, qui plongerait ses racines dans une culture littéraire, musicale, télévisuelle, ‘naturelle’, mythologique… globale.

Par exemple, ‘Firefox’. La traduction grossière de Firefox (le Renard de Feu), fait penser à une oeuvre littéraire du Moyen-Age, ‘Le Roman de Renart‘.

Firefox est aussi accompagné de Thunderbird, qui est une messagerie. Thunderbird est le nom anglais, d’une créature légendaire issue des croyances amérindiennes appelée « oiseau-tonnerre », qui évoque un faucon, et dont le thème tourne autour de la place dans une communauté, la relation aux autres, la domination, et la dépense  de ressources naturelles et de connaissances. Le faucon devient serviteur des ressources qu’on lui a enseignées ou transmises, faute de savoir se limiter . Ce nom fait peut-être aussi référence à un opéra russe (L’oiseau de feu).

On se rappelle que notre science contient elle-même ses mythes ou ses énigmes, même s’ils sont parfois assez bien expliqué. Par exemple, celui faisant référence aux dinosaures : ce sont des animaux gigantesques, qui ont quasiment disparu de la planète : ils sont morts, pour les plus massifs d’entre eux, faute de nourriture, suite à un cataclysme naturel. Celui aussi de Frankenstein, cet homme reconstruit par des moyens  artificiels mais organiques, et innarrêtable, tuant même son concepteur.

La science a-t-elle toujours fait la part du mythique et de l’utile ? La question est posée sans cesse, et à vrai dire l’objectivité dans la recherche scientifique est une question difficile à traiter. Mais commençons par revenir au Roman de Renart, que nous connaissons tous, et qui nous donne des racines plongées dans le moyen-âge.

Le roman de Renart et le paysage de connaissances

Le Roman de Renart est un livre, qui a été écrit entre 1174 et 1250, et que tout le monde connait, au moins pour en avoir entendu parler.

Il est hérité d’une oeuvre née en Inde (le  Pañchatantra), et transmise chez nous par les Arabes, en passant par le monde latin, avec les fables d’Esope. Les récits de notre Roman de Renart ont tous été écrits par des auteurs différents. Les récits sont des « branches », qui sont au nombre de 27. Le livre est donc à cet époque un arbre, c’est comme cela que les esprits les concevait (par exemple cela est cité dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, qui évoque l’arbre encyclopédique). On remarque d’ailleurs que l’on parle encore aujourd’hui, parfois, de ‘forêts de connaissances’. Ce roman est inspiré en partie des fables d’Esope, oeuvre de l’antiquité elle-même inspirée d’une oeuvre indienne, le Panchatantra.

Le roman de Renart a plusieurs niveaux, dans la façon et dans le propos. Il est écrit en vers, et contient 80 000 lignes. Il a été décliné en plusieurs autres versions, au fil des années, et son objectif principal était la satire sociale.

Il raconte premièrement un monde de nature, car les personnages sont tous des animaux, environ une cinquantaine.  Mais les personnages, sont en fait des allégories critiques des figures de la société de l’époque. Les histoires sont contées publiquement, ce qui permet la diffusion de certaines connaissances : la transmission depuis les personnes sachant lire vers celles ne pouvant que les écouter, se fait par relais.

Avec les informations que connaissent les auteurs (par exemple les évènements de l’époque, des personnages existants), les récits inspirant le roman de Renart sont recomposés en nouvelles histoires.

Ces histoires sont écrites, et ensuite copiées, imprimées, reliées, et elle deviennent le livre.

Les livres sont stockés dans de petits meubles, qui vont dans des bibliothèques. En comparant, on trouve une familiarité de cette structure, avec ce qui fait aujourd’hui avec les langages informatiques.

Le roman de l’informatique

 Le principe de l’algorithme a été inventé en Perse par Al-Khwârizmî, mathématicien, géographe, astrologue et astronome. Ce savant inventa (aussi) l’algèbre. Plus tard, Descartes s’autorisa l’utilisation de l’algèbre dans la géométrie, et cela énormément utilisé dans notre vision du monde, avec la cartographie projetée sur une surface plane. Aujourd’hui on a l’informatique, qui utilise d’ailleurs beaucoup le concept de carte.

On note que chaque ordinateur personnel (pc), contient son ensemble de logiciels, comme chaque meuble pourra contenir un ensemble de livres particuliers, tout en gardant à l’esprit que chaque ordinateur, comme un meuble avec des livres, peut contenir des ouvrages correspondant au propriétaire unique… Certains logiciels sont utilisés dans 80 % des ordinateurs. Comme pour les livres, les logiciels donnent naissance à une industrie de l’édition. Dans le domaine des jeux, qui ne sont pas exactement des logiciels, même s’ils s’appuient sur des algorithmes.

En informatique, le terminal le plus commun est le pc, (personal computer). L’ordinateur correspond à un meuble, contenant  des livres, dans lequel on a assemblé à la fois :

  • les ‘branches’ ou récits : les algorithmes. Les algorithmes, tous ensemble, constituent une très grande histoire, repensée par les développeurs informatiques, avec plusieurs langages. Ceci induit de repenser complètement les choses, et passe par une étape de modélisation du monde, faite par le développeur.
  • les algorithmes sont compilés : la compilation peut-être comparée à la reliure des livres. Ce sont les algorithmes qui sont reliés. cela donne la structure d’ensemble d’un logiciel.
  • les logiciels deviennent des livres que l’on peut lire : menus, qui sont des tables des matières. On retrouve parfois le vocable d’arborescence, pour trouver les fichiers dans le système d’exploitation. Ils ont une interface utilisateur et un emballage : le graphisme et l’iconographie.
  • qui utilisent des connaissances : imputées par un opérateur, c’est à dire nous-même.
  • qui permettent des analyses : ce qui est une fonction qui remplace la nôtre, celle que nous faisons avec notre cerveau dans le cas d’un livre.
  • qui sont mises en forme par les mécanismes de faction d’un document : la mise en page et la typographie, charge que nous assurons.
  • Le tout est finalement imprimé sur un écran : ce qui correspond à une imprimante à cristaux liquides.
  • Aujourd’hui l’imprimante 3D crée directement les objets, de manière comparable à de mini machines outils. Mais les imprimantes 3D, potentiellement, libèrent la machine de nous-même. L’ensemble du système, sur le papier, peut se reproduire.

La ressemblance entre les deux organisations est que dans la culture du livre au Moyen-âge, comme  dans la culture de l’informatique aujourd’hui, le ‘livre’, ‘récit’, ou algorithme est écrit par quelqu’un, qui va proposer une structure du monde, adaptée selon les langues et les époques. L’analyse est apportée par l’utilisateur, avec les idées et les connaissances qu’il est capable d’apporter, mais ne propose pas de résultat : l’utilisateur d’un logiciel est à peu près dans un rôle comparable à la personne qui raconte publiquement une histoire du roman de Renart.

Connaissances, écriture et stockage

L’écriture du récit informatique implique pour le programmeur d’être expert dans un langage, en étant peu impliqué dans les études qui seront menées avec le logiciel. Par contre, il est chargé de modéliser son propos pour le traduire en algorithme, puis le transcrire en langage informatique.

Cela implique pour le conteur, d’être expert dans la lecture de livres, et de savoir mettre en scène un récit : l’utilisateur va devoir apprendre pour accéder à un nouveau système d’apprentissage, les ‘logiciels’, éventuellement en s’appuyant sur des livres.

Finalement, il y a deux écritures mises en écho dans le processus informatique lui-même : une écriture des logiciels, venant de la modélisation de la réalité par le programmeur, et une écriture analytique de la réalité, permettant l’utilisation des logiciels. La grande « innovation » est l’écriture en masse d’un récit informatique. Ce récit évolue profondément et très régulièrement, dans sa forme, par les évolutions des langages de programmation, notamment, tout en gardant le même propos : repenser la planète, gagner en sécurité, améliorer la vitesse de nos analyses.

Mais il reste tout un public, ne sachant ni lire ni écrire.  Il faut se rappeler que les bibliothèques et les entrepôts de données (datawarehouse) sont des bâtiments différents : ils ne contiennent pas les mêmes connaissances. Dans l’informatique, les connaissances relatives aux livres, sont plutôt de l’indexation, des résumés… le contenu des livres n’est pas toujours accessible, ce qui pourrait d’ailleurs changer. Mais il faut aussi se souvenir que l’informatique remplit de nouvelles bibliothèques, par les documents de réflexion qui sont conçus avec elle, ou par la production de manuels d’utilisateurs. Le parallèle existe également  dans les jeux (les ‘jeux de société’ / les ‘jeux vidéo’), ce qui est un certain mode d’apprentissage, mais pas exactement de culture, avec des terminaux d’un format et d’une taille comparables.

En 2013, il y avait 14 milliards d’ordinateurs, consoles de jeux, décodeurs, box internet, dans le monde. Ces ‘terminaux’ sont connectés entre eux, par le biais du réseau internet, que ce soit par la fibre, le câble téléphonique, ou les ondes. Des entrepôts de données, permettent de relayer et de stocker les informations qui circulent, dans un ‘espace informatique’ dénommé le web (« la toile »). Un entrepôt de données contient des serveurs informatiques et globalement, son organisation serait équivalente à celle d’une bibliothèque, contenant de très nombreuses étagères, mais concrètement, cela ressemble plutôt à des usines, remplies d’ordinateurs.

D’autres terminaux, de la taille d’un livre, permettent de capter ou des transmettre des informations depuis n’importe quel endroit, y compris dans la rue : ce sont les téléphones mobiles et les tablettes. Ces appareils assemblent les capacités d’un téléphone, d’un appareil photo, d’un agenda, d’un almanach, d’un plan, d’une mini-console de jeu,… et sont transportables partout. Bientôt, les objets seront connectés entre eux, à priori via le bluetooth et le wifi, et réagiront différement selon la personne. Ce sera une dichotomie encore plus nette entre l’internet, qui connecte des terminaux, et le web, qui communique des contenus.

Le problème de la construction

La durée de vie d’un terminal informatique (ordinateur, mobile phone, tablette), est à peu près de 5 ans, en moyenne. Certaines tendances font que les ordinateurs peuvent être conçus en bois.

En fait, le matériel informatique est assez lié à la matière. Donc, c’est en fait parfois assez ‘aménagé’, dans l’ensemble : les composants sont sensibles au milieu, comme l’en atteste  la présence des ventilateurs dans les machines, et la chaleur ou les orages durant les journées d’été peuvent griller un ordinateur ou faire sauter un serveur. Les composants sont en fait très nombreux, et la panne, ou la casse, de l’un d’entre eux est une probabilité assez régulière.

Une question découlant de cette fragilité, c’est la durée du temps de vie des algorithmes, des logiciels et des données. Le matériel changeant très souvent, il faut à chaque fois réinsérer des algorithmes (chargement de programmes à distance), relancer les logiciels, refaire les documents, qui sont toujours un peu renouvelés. On réapprend en permanence, et cela ne fait pas gagner de temps.

Les mises à jours de logiciels sont constamment nécessaires, et l’ensemble doit être tenu au minimum pour rester stable. Les documents ne sont parfois plus réutilisables par le mécanisme d’ensemble après quelques années. Par contre, concernant la création ou la transmission d’analyses, cela peut être quasiment instantané, et nous dépasser.

L’énergie demandée par cet automatisme, est en proportion (voir Planetoscope) : elle est équivalente à celle d’un nouveau pays (plus grand que l’Allemagne), et cela n’est pas peu dire : le web, ce fameux village global, serait de la taille d’un pays, et à partir de la fenêtre de son ordinateur (Windows), on peut aller directement quelque part dans ce village-pays (en passant par un portail, en allant à l’adresse d’un site, ou en cherchant une adresse sur un annuaire). Certains peuvent même aller sur l’ordinateur du voisin (qu’il le sache ou non). C’est le World Wild Web, ce far-west de la connaissance. Impossible de le connaitre en entier, ce village-pays… Il n’y a même pas d’unité de mesure, comment en connaitre le plan ?…

Ville, nuage et réchauffement

Entre ville, nuage, arbres et forêts, un nouveau paysage de connaissances, nous est apparu. Ce paysage de connaissances a traversé les livres et les conversations orales, pour se projeter dans les arborescences des disques durs. Les datawarehouses contiennent le web lui-même, qui est plutôt conçu comme une ‘ville’ : sites, adresses, portail, chemin, navigation, architectes de l’information, urbanistes des données…

Cette ville urbaine, champêtre, aquatique, a une organisation globale qui est assez mal connue. La présence des mots de passe dans le web, la rend aussi assez difficile à vivre. Ces mots de passe sont à la fois des accès, mais aussi des barrières, et des points d’identification. Ils sont souvent demandés, si l’on veut apporter des informations, ou en acquérir.

Une partie de ces informations liées à la navigation dans le web alimente le ‘Cloud’ (le nuage). Ce Cloud, ce sont les connaissances présentes dans le web : il se trouve qu’il contient beaucoup d’informations sur les personnes, par les réseaux sociaux, et aussi pas mal de localisations. Pour augmenter la part d’information dans le cloud, l’idée serait d’évoluer vers l’opendata : les informations publiques sont disponibles, et le but serait alors de les analyser, créant ainsi des informations. En tout cas, aujourd’hui on fait du ‘datamining’ pour repérer une information dans le nuage de l’infosystème.

Sur le terrain ‘terrestre’, on voit des entrepôts de données (datawarehouse), et la superficie de tous ces entrepôts ajoutés, est peut-être en proportion avec la superficie d’une grande ville. A priori, jamais un automatisme aussi important, en superficie et en nombre de connexions consécutives, n’a été créé sur Terre. La Poste, le téléphone, le réseau électrique, présentent déjà une organisation globale de relais, réseaux, terminaux. Mais avec l’internet et le web, l’information créée est gigantesque. On ne sait même plus compter le nombre d’informations y existant… En termes de stockage, on en est au… ‘Zettantesque’ (actuellement on compte en ZettaOctets)…. En plus du symbole de numérotation, le Zeta fait partie de l’alphabet grec, et correspond à la lettre Z. On peut espérer que cela s’arrête…

…Projection catastrophe

Notre roman de Renart reste un aspect important dans l’organisation dans notre imaginaire, et exprime un attrait pour le monde naturel qui est parfois autour de nous… Suivant Descartes, qui a amélioré les projections sur la 2D, avancé la dissection du vivant, et utilisé une physique éloignée de la matière, l’informatique a intégré et hérité peut-être involontairement, cette partie de notre culture, par inspiration et reproduction du principe des livres vers la construction des logiciels. La conséquence la plus directe aujourd’hui de cette puissance est une production de chaleur, qui va peut-être conduire à dégeler le permafrost en Sibérie.

En osant une proportion, on pourrait se demander si l’énergie utilisée par le réseau internet et par le web, est comparable à ce que donnerait la percussion d’une météorite sur la Terre ? Le cratère de Chicxulub, au Mexique, est situé dans le Yucatan, berceau de la légende du serpent à plume. La percussion de la météorite sur terre est équivalente à plusieurs milliards de fois celle de la bombe d’Hiroshima.

Le ‘cloud‘ serait-il un nuage issu de l’éruption d’un supervolcan, comme celui, localisé dans la région de l’ile de la Réunion, qui a peut-être bouleversé l’ecosystème des dinosaures (comme le Krakatoa, juste à l’Est… de l’ile de ‘Java’) ?… Il faut se rappeler que « lave » en anglais, se dit « lava », et non pas « Java », nom du langage de programmation célèbre sur le web… La lave ?… Elle se répand dans les villes et les vallées. On pourrait la voir sur des photos des villes de notre planète, de nuit.

L’allongement de la ligne de code est-il à la mesure de notre utilisation trop poussée de la planète, dont la date est repoussée tous les ans ?

La forêt disparait, au sens propre : « De 1990 à 2010, la déforestation a représenté 4 fois la superficie de l’Italie« ). Le graphite, proche du carbone, est une roche (donc non renouvelable), qui est utilisée pour la fabrication des piles et des batteries, et qui est de plus en plus consommée. Notre milieu naturel original semble être fortement engagé par ces inventions.

Le devenir des connaissances

Mais quelques animaux que nous connaissons encore aujourd’hui, comme les requins, les crocodiles, les tortues, sont pourtant des contemporains des dinosaures. Quelques plantes, comme la fougère arborescente, en sont aussi. La taille réduite des espèces que nous connaissons, leur a permis de s’adapter à l’écosystème ayant subi un cataclysme, dû soit à l’éruption d’un volcan géant, soit à l’impact d’une météorite. On dit même que les oiseaux, nos oiseaux, sont de petits dinosaures, les écailles étant devenues au fil des millions d’années,  des plumes.

Allez, allons encore un peu plus loin… Après une adaptation au milieu informatique, par une réduction de nous même, notre espèce, dans quelques millions d’années, pourrait elle même être fortement menacée par des robots… ayant la forme de dinosaures ?… D’ailleurs… ces dinosaures existent déjà, et on peut même les cajoler, pour le moment… En fait, allons jusqu’au bout : les oiseaux sont donc probablement une évolution des dinosaures. Or les oiseaux, d’après les comptages, sont en train de perdre très nettement de la population… Ce serait ainsi la deuxième extinction des dinosaures…

Notre paysage de connaissances évolue également. Le principe global est de « repenser » la planète (voir A lire Ailleurs dans les repères), ce qui finalement, demande de « doubler » celle-ci… mais attention, il n’y en a jamais qu’une seule…

L’utilité de l’informatique pour l’avenir

En faisant la part de la représentation que la science se fait du monde, et celle du confort qu’elle nous apporte, on peut se demander, parfois, si cette technologie industrielle, par une question mal résolue liée à l’utilisation la matière et de l’énergie (perte d’entropie), ne serait pas en train de nous mener assez rapidement vers une fin calquée sur celle des dinosaures, par appauvrissement, puis extinction de notre écosystème, au prix du développement de notre infosystème et de nos machines ? … Voulant nous protéger des dinausores, nous pourrions finir comme eux.

Quoiqu’il en soit, la question à résoudre vient peut-être de la modélisation, héritée d’un système de pensée allégorique et figuratif, qui éloigne notre pensée de la réalité, et peu à peu, nous coupe de nos réelles ressources, terrestres. On se retrouve ici à la place de l’oiseau Tonnerre, qui se retrouve dominé par des ressources qu’on lui a transmises. L’oiseau Tonnerre ne trouvera le salut, dans la légende, que lorsqu’il retrouvera le plaisir de rester à la place qui est la sienne dans l’univers.

Nous proposons ici l’idée que l’informatique est un outil de communications, et de connaissances plutôt qu’un outil d’analyse.  Ici, on est dans la connexion, la relation, et non pas la prise de distance et le discernement systématique. Les communications et les connaissances n’ont jamais été aussi grandes, et apparement, des carences disparaissent régulièrement pour l’humanité, et ce en parallèle de l’existence de la micro électronique (voir cet article : Non, le monde n’est pas en train de sombrer dans le chaos). L’informatique est ludique,  facilite l’information, et permet des communications comme jamais on n’en a connu. Le mode de vie de la mise en commun (« co- » et « share-« ) se dessine par le web (avec les « & » et les « to »), et change la géographie des modes de vie.

Le télétravail, par exemple, pourrait être une bonne pratique pour gommer les questions globales liées au trafic, qui est issu d’un urbanisme en zones avec une spatiotemporalité cadencée. La compensation entre les réseaux serait alors effective, le réseau informatique déchargeant le réseau de circulation automobile, et la spatiotemporalité serait modifiée vers un mode de vie plus local. Le schéma de l’agriculture urbaine et de permaculture pourrait se greffer là dessus, contribuant à rafraîchir les villes, à baisser la consommation d’énergie, et à animer une vie locale mieux calée sur les rythmes de la végétation, avec peu de déplacements…

Repères :

– Carte : la carte de métro des Datascientists

– A lire Ailleurs : le Paysage de l’intelligence des Machines (source)

– Tribune : Comment le Cloud change l’entreprise mais aussi le monde

– Site web : La Réalité Augmentée

– Présentation : Montpellier et la « Human Smart City« 

– Entretien : Gérard Berry : ‘L’ordinateur est complètement con

– Ressource : L’internet des objets, cinquième ressource technologique.

– Evaluation : Destruction de la planète : le 4 ème palier sur 9 franchi

– Livre : Sauver le monde, Vers une société post-capitaliste avec le pair à pair

– Article : L’humanité est-elle proche d’un effondrement systémique ?

– Reportage : Internet, la pollution cachée

– Chronique : Intelligence Artificielle, le transhumanisme est narcissique. Visons l’hyperhumanisme.

– Article : Combien faut-il de feuilles de papier pour imprimer tout internet

– Intervention : Clarisse Herrensch : Le code, l’écriture et les nombres

– Article : Le monde et la santé

Observatoire des territoires THD : une carte et des terrains

Le numérique est lié à la modernité, et représente un avenir. Pas forcément théorique, cet avenir peut se rapporter rapidement à sa propre géographie. Construire une carte sur le déploiement des réseaux THD dans les territoires est donc intéressant en termes d’observation.

Une ambiance générale

L’usage des smartphones est partout important, ainsi que la Tnt. Ces deux terminaux, sont actuellement le niveau minimum d’équipement. Les box et les consoles, de leur coté, sont généralisées. Savoir à quoi servent ces terminaux pourrait servir à sentir les tendances et les besoins des utilisateurs. De là, on peut connaitre les logiciels adaptés, en les associant pratiquement au terroir local.

La carte ci-dessous observe et localise, d’après l’Observatoire du THD dans les Territoires, qui est une veille faite par RA Pro, les collectivités où le THD est en déploiement.

Le cycle informatique, qui est la circulation d’informations entre les terminaux informatiques, apporte des informations, et vitalise potentiellement un « peuplement », surtout dans les zones rurales, en permettant un échange d’informations très soutenu. Il met en place un « infosystème ».

Un peuplement, c’est une zone habitée, qui a évolué dans le temps, parfois depuis 6 ou 7000 ans. Un peuplement peut plonger ses racines dans la préhistoire, et aujourd’hui continuer à évoluer. Dans les zones rurales, il s’agit de hameaux ou de villes ayant perduré dans le temps. Le peuplement indique notamment une capacité à gérer les réseaux sur un temps long, en gardant une cohésion avec les lieux de vie. Ces lieux de vie sont en principe alimentés de manière régulière et suffisante en ressources nécessaires, par exemple l’eau, la nourriture…

L’informatique comme la permaculture ?

Un infosystème, c’est par ailleurs la translation du principe d’écosystème vers l’informatique : un écosystème est dans un état de mise en équilibre permanent, et c’est aussi le cas pour l’informatique : construire un système d’information correspond à l’assemblage de plusieurs « familles » de logiciels; traitements de textes, cartes heuristiques, agendas, analyses, messageries… Obtenir l’équilibre entre ces logiciels est une tâche permanente : mises à jour, adaptations aux formats, …

En permaculture et plus globalement en agriculture, le fait de faire des expériences et des essais, est fondamental pour tenir son système d’exploitation dans le temps.  En informatique, tous les logiciels sont difficiles à maintenir en cohérence, et l' »environnement » de l’ordinateur évolue sans cesse. Il faudrait peut-être avérer la notion de « sol » : un infosystème est un ensemble de logiciels, les espèces qui font partie du système d’exploitation.

Les logiciels s’appuient sur une foultitude de petites applications, que l’on aperçoit dans Windows lorsque l’on fait Ctrl-alt-suppr. Par exemple, java ou flash (la « lave » et l’éclair) sont des apports extérieurs au système d’exploitation de base, déjà relativement compliqué, qui font que de nouvelles applications vont fonctionner ou non. Son logiciel favori va devoir être mis à jour tous les deux ans, et la messagerie changera de version tous les ans.

Dans un cas extrême,  il vaut mieux éviter la sérendipité, mais plutôt compter sur les informations « avérées », pour conserver l’équilibre s’ensemble. En installant des applications inconnues, il faut faire attention à ne pas récupérer trop de vers, ou de virus qui s’installent automatiquement sur l’ordinateur (en fait cela dépend peut-être de la dose, car les vers sont plutôt appréciés en permaculture, et un virus à la dose prescrite devient un bon médicament).

Le système d’exploitation doit fonctionner de manière cohérente avec les logiciels pour que les virus n’envahissent pas la zone de travail. Dans le cas contraire, le temps de travail est dédié à à l’utilisation d’antivirus, mais pas aux tâches prévues. Le temps de « jardinage » sur un ordinateur n’est pas anodin pour le coups.

Cela revient en quelque sorte à aménager le 1er m² numérique, que ce soit pour les particuliers, mais aussi pour les entreprises. Le but de ChezNous est d’aider à construire ce 1er m² numérique, et d’apporter une série d’outils constituant un système d’information complet pour les habitants.

Au demeurant, Cheznous utilise le concept du jardinage, car un infosystème évolue jour après jour, et comme au jardin, il convient d’accompagner ces évolutions.

Le numérique et les terroirs

Le déploiement du THD (Très Haut Débit), peut demander de répondre à un certain nombre de questions, au niveau d’un terroir. Un terroir donné peut-être demandeurs d’informations numériques, d’autres non.

Le numérique est le développement des autres réseaux, et installe l’échange de « connaissances ». Le THD (Très Haut Débit) se déploie quasiment de lui même sur un lieu de peuplement adapté à celui-ci : centres de décisions, centres universitaires.

Les logiciels libres et l’Open Data font partie des pistes à exploiter dans ce but. Observer les conditions par les cartes est un premier pas, pour essayer de détecter les signes de symbiose entre les territoires, l’infosystème et l’économie.

 Cartographie : le déploiement du numérique (en coopération avec l’Observatoire du THD dans les territoires)

Le THD en France

Voir en plein écran

 

Repères :

 

Calendrier, horoscopes, almanachs : des documents qui nous guidèrent au quotidien

En bases de connaissances non informatiques, nous possédons, en dehors des cartes, des documents qui nous dessinent le monde dans le temps. Ces documents existent dans toutes les régions, mais sont pensés différement, car ils sont relatifs au milieu naturel : ils sont à réadapter selon la date et le lieu. Ils servent cependant à tout le monde, pour s’adapter au milieu environnant, au fil du temps.

Les calendriers 

De par le monde, on dénombre aujourd’hui 60 calendriers, donc 35 encore utilisés, et 10 très importants (voir wikipedia). Un calendrier règle une société, avec ses dates, sur des zones d’emprises, qui correspondent souvent à la domination d’une spiritualité donnée.
C’est un document important pour une société, pour ne pas dire fondamental : il organise sa spiritualité et sa socio-temporalité; il retranscrit sa vision du monde, les jours de fêtes, et définit aussi la zone d’influence. Il est basé sur un évènement important vécu par le peuple (souvent la date de naissance de la personne incarnant la philosophie religieuse), et sur un lieu à partir duquel sont faits les calculs définissant les jours, mois et années.
Il est possible que le calendrier change, en étant remplacé par celui d’une autre vision du monde, lorsque l’organisation qui le propose, passe sous la férule d’une autre organisation devenue plus puissante.
Mais un calendrier donné peut toujours être utilisé, même s’il n’est pas officiel dans un pays. Par exemple, le calendrier Romain a perduré en Europe jusqu’au 16 è siècle.
Le calendrier que l’on a ici ne fait pas que donner les dates et les noms des saints. Il apporte aussi l’information sur les dates de la lune, et les informations sur les horaires de levers et couchers de soleil.

Horoscope – Astrologie

Un autre document voisin du calendrier, l’horoscope. L’horoscope se fait par l’astrologie, une science d’observation des astres. Il explique une relation que l’on devine, entre la carte du ciel, et nos vies. L’aspect le plus important de l’astrologie, est que l’on travaille à construire une carte du ciel, faite depuis la Terre. Le message est donc centré sur la planète, il ne vient pas des étoiles.
Il est facile de remarquer que le ciel est différent tous les mois, et qu’il est différent aussi selon la région où l’on se trouve. Un thème astrologique s’appuie sur les maths (trigonométrie), mais aussi sur la localisation. Il est fondamental de faire le calcul d’un thème astrologique, selon l’endroit et la date où l’on se situe. Cela peut avoir une relation, quelqu’infime qu’elle soit, avec ce qui vit sur Terre (voir wikipedia : Thème astrologique).
Calendriers et horoscopes sont des documents que l’on manipule très souvent. Ils sont liés par diverses choses : une temporalité, une association à une région du monde, un repérage depuis la terre vers les étoiles, la lune, ou le soleil. Par ailleurs, beaucoup de ces documents sont liés par des données communes : « La Terre tourne sur elle-même en 24 heures autour de l’axe nord-sud des pôles et ce d’ouest en est » (cf wikipedia) . Explorer les calendriers et les horoscopes de toutes les régions du monde, nous apporterait peut-être une vision détaillée mais englobante, sur les mondes qui coexistent sur notre planète.

Almanach

Autre document très territorial, l’almanach. C’est le « calendrier » en arabe, mais on peut ici pratiquement parler de « guide ». Ce serait un guide du routard, mais qui traite du temps.

En fait, un almanach s’intéresse à une région donnée, et donne les séquences de ce qui arrivera dans cette région durant une année. Ce n’est pas exactement du divinitatoire, puisque les indications s’appuient sur le fait que de nombreux évènements arrivent de manière cyclique dans le temps : les saisons, les récoltes, les migrations.

Tout cela arrive tous les ans. Cependant, on peut dire que c’est de l’aléatoire, car les éléments divers font que les cycles ne se déclencheront pas forcément à des dates identiques tous les ans. L’homme a alors un rôle d’observation pour voir les évènements qui déclencheront un moment donné. Cela peut d’ailleurs être la lune, qui joue notamment sur la météo.

En ajoutant les Atlas, on s’aperçoit que le monde était assez bien connu pendant des siècles, grâce à tous ces documents. Le temps y est abordé, notion qui manque peut-être un peu à notre époque, où seule la météo justement, nous envoi au week-end prochain (avec les congés, qui sont peut-être une réflexion dans le temps et dans l’espace, puisqu’il faut prévoir à l’avance vers où on ira).

Repères :

* Le calendrier lunaire

* L’entretien avec Raphaël Poli, astrologue, sur ce site.

* L’« entretien » avec Fra Mauro, Cartographe de Moyen-Age (imaginé sur le site de l’IGN).

* BNF : Le calendrier de Marguerite d’Orléans

 

Le web et les racines de connaissances

Internet est-il un système nerveux ? En fait, c’est plutôt un système construit avec du sable (pour la fibre optique), du cuivre, du pétrole (pour le plastique), et des métaux lourds et rares. Ce système demande beaucoup à la Terre, mais peut réussir la mutation rendue nécessaire par la croissance de notre population sur la planète. Internet permet de construire une toile, le web, qui relie nos connaissances. Tout cela est alimenté par le réseau électrique, qui plonge à la source de l’énergie de la planète, et qui se rapproche mieux de l’image d’un système nerveux de ce système technologique.

Des liens qui ont des racines

Il existe 35 calendriers utilisés aujourd’hui de manière importante dans le monde. Cela fait 35 visions du monde différentes, 35 organisations socio-temporelles, 35 approches spatiotemporelles (voir Wikipedia pour les calendriers, et voir le site « Les langues du monde« ).

Ces mondes se sont construits un peu tout seuls, dans leur propres racines, avec souvent leurs propres agrosystèmes, au temps où les communications se faisaient à pied, et de préférence à la belle saison… Ils sont des bases de vies, qui continuent à s’appuyer sur les connaissances acquises, amassées et transmises dans le temps. Le contenu des connaissances ne correspond donc qu’à un seul calendrier, même si des idées peuvent se communiquer entre les systèmes de représentation des mondes divers. Ces idées et ces connaissances peuvent être rassemblée dans ce que l’on appelle une encyclopédie, ce qui a été fait au 18 ème siècle dans notre pays, notamment par l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Si un Atlas décrit un monde, une encyclopédie va le construire. Un atlas est un état des lieux, une Encyclopédie sera un cycle avéré. L’encyclopédie s’inscrit dans la temporalité, mais l’Atlas est plutôt un document qui est dans l’espace. Mais en fait, l’Encyclopédie Universelle de Diderot et d’Alembert s’inscrit vraiment dans une vision holistique de la nature.

Encyclopédie universelle ; pour une vision holistique de monde… européen.

Le prospectus présentant l’Encyclopédie, donne sa définition du terme « Encyclopédie ». Littéralement, il s’agit d’un « enchaînement des sciences ». La profondeur temporelle de l’Encyclopédie est importante, elle veut inventorier des connaissances, ainsi que les liens entre tout, connues, et parfois légèrement développées depuis l’antiquité.

« En réduisant sous la forme de Dictionnaire tout ce qui concerne les Sciences & les Arts, il s’agissoit encore de faire sentir les secours mutuels qu’ils se prêtent; d’user de ces secours pour en rendre les principes plus sûrs & leurs conséquences plus claires ; d’indiquer les liaisons éloignées ou prochaines des êtres qui composent la Nature, & qui ont occupé les hommes ; de montrer par l’entrelacement des racines & par celui des branches, l’impossibilité de bien connaître quelques parties de ce tout, sans remonter ou descendre à beaucoup d’autres ; de former un tableau général des efforts de l’esprit humain dans tous les genres & dans tous les siècles ; de présenter ces objets avec clarté; de donner à chacun d’eux l’étendue convenable ; & de vérifier, s’il était possible, notre Épigraphe par notre succès : […]. »

(cf le prospectus de l’Encyclopédie, University of Chicago: ARTFL Encyclopédie Project (Spring 2013 Edition), Robert Morrissey (ed)).

En dehors de l’aspect temporel de cette encyclopédie (depuis le passé, mais consacré à l’avenir), elle a donc un aspect spatial, car elle vise à montrer les liaisons de tous ordres, « des êtres qui composent la Nature ». Ceci est une réelle approche holistique, et c’est aussi par ce terme, qu’elle vise à l’universalité. Diderot, d’Alembert et son éditeur, ont par leur travail, déposé un état des lieux du monde, mais aussi posé les bases d’un monde. Cet aspect spatial se renforce donc à double titre, lorsque l’on réfléchit aux sources de ces connaissances : 130 rédacteurs ont contribué à l’Encyclopédie. Un certain nombre sont centrés sur Paris.

Les « Encyclopédistes » (Lieux de naissance) Voir en plein écran

L’universalité, mais pas la programmation

Dans l’Encyclopédie Universelle, est décrite La machine chronologique (« Volume 3. » University of Chicago: ARTFL Encyclopédie Project (Spring 2013 Edition), Robert Morrissey (ed)) qui a permis de représenter l’histoire du monde chrétien. Cette machine fait penser de manière assez confondante, à un ordinateur. Aujourd’hui, notre vision du monde se fait par l’informatique, avec des ordinateurs surdéveloppés, qui prennent le pas sur la nature.

L’internet est l’équivalent de l’imprimerie. L’internet a déjà une large influence sur la planète, où il diffuse connaissances et communications, ce qui contribue à dépasser les frontières habituelles. Quelques principes importants de l’Encyclopédie sont repris dans le modèle de web, notamment le principe de renvois par mots clés, et une même idée de l’universalité, par la diffusion de connaissances. Par conséquent, le web n’est pas qu’une grande bibliothèque. C’est aussi une encyclopédie.

Nous sommes donc dans un cycle qui va amener une phase de progrés. A priori, le gros piège à éviter est de ne pas confondre l’universalité avec une programmation de la nature, que nous vivons depuis le développement des outils numériques. L’Encyclopédie de Diderot avait elle même une conception holistique du monde…

Repères :

Très humain plutôt que transhumain | Alain Damasio | TEDxParis – YouTube

* Encyclopédie, Discours d’introduction : Avant d’inspirer le web par le système de mots-clés, l’encyclopédie c’est elle même inspirée de la cartographie. Elle était imaginée comme une Mappemonde qui permet de connaitre le monde des connaissances.

* Concevoir une carte de l’inconnu : comment la cartographie et les techniques encyclopédiques se rejoignent pour concevoir l’informatique. L’informatique se conçoit beaucoup sur le concept de cartes, plans,…

Ecologie

L’écologie est un terme aujourd’hui plutôt scientifique, mais dont l’étymologie signifie ‘la science au sujet de la maison, de l’habitat‘. Et il apporte quelques réponses à des questions que la vie pose, qui sont en quelque sorte, une forme d’hygiène.
Le principe est de savoir ce que notre existence demande à notre milieu, dans des normes de confort données. Afin de tenir au mieux ces deux facteurs, il est possible de choisir des méthodes déjà éprouvées, d’en inventer de nouvelles, de s’éduquer différemment. On pourrait aussi revoir les normes de confort, mais il ne semble pas que cette direction là soit explorée en majorité. Réussir à trouver le bon équilibre entre confort et utilisation adéquate des ressources, est donc question de temps, d’expérimentations, de choix.

L’évolution se fait au fil des ans, pas à pas, et la technicité commence à déboucher sur une ingénierie d’une nouvelle génération, à la fois sur l’utilité des outils, leurs conceptions, les matériaux, avec pourquoi pas des matériaux végétaux, des sources d’énergies refondées. Le modèle économique à prévoir est à priori un modèle à grande échelle (c’est à dire que les structures sont petites, mais travaillent avec plus de personnes), et l’inventivité pourrait être utile à nouveau, de la part de tout le monde.

La technologie est utile à ce développement. A travers le web, en particulier, cette inventivité peut déjà être répercutée rapidement, par exemple dans le domaine de la permaculture. Par ailleurs, des associations peuvent retrouver des techniques ayant fait leur preuve dans le passé, par reconstitution ou par recherches patrimoniales (par exemple, l’électroculture, qui a été explorée pendant longtemps, mais n’est pas exploitée en tant que telle).

Le seuil d’une société à l’optimum écologique, n’est pas encore réellement là. Le volume de matériel pourrait être réduit, les inventions simples pourraient être mieux acceptées. Mais le pari est de faire accepter de réfléchir en permanence à cette question : comment vivre confortablement, sans trop inscrire ma trace dans le futur ?

Repères : 

– Blog : Electroculture

– Sur notre site : Le monde et la santé

Patrimoines dans les territoires

Le patrimoine rural témoigne d’une réelle culture du milieu naturel, qui se matérialise par notre paysage.

Le terroir est un paysage organisé par la culture du milieu naturel, grâce à des techniques inventées sur place, ou importées d’autres régions. Le secret du patrimoine naturel reste de poser un regard sur « la campagne » qui est un monde très structuré. Le but est alors de détecter des traces de cette structuration, qui se matérialisent de manières différentes. Il y a aussi, et c’est important, des périodes, à priori depuis la préhistoire, où l’homme a commencé à utiliser l’agriculture pour vivre.

Les journées du patrimoine peuvent donner lieu à des visites de musées, de monuments, de demeures de personnages célèbres dans les grandes villes. Elles peuvent aussi donner lieu à la redécouverte du patrimoine rural, qui parfois est transmis depuis la préhistoire, et qui charpente une société rurale ayant construit le paysage.

L’agriculture viendrait de l’Orient (la plaine de Mésopotamie), et quelques termes nous en sont restés : alchimie, alambic, tout ce qui peut commencer par « al » est un mot venant de la langue arabe. Puis “la campagne”, du latin campus, est construite autour de techniques qui sont héritées parfois des païens (préparats d’engrais ou de désherbants à partir d’éléments naturels, du type bouse de corne), des romains (plantes médicinales, vigne, organisation du cadastre), des templiers (une vraie science du compost et des jardins médicinaux), des alchimistes (préparations médicinales du type “Fleurs de Bach”), puis des philosophes et naturalistes (Goethe le naturaliste est le père spirituel de la philosophie de Steiner, qui a organisé au 20 ème siècle les techniques de l’agriculture biodynamique).

L’agriculture biodynamique a conservé une notion comme l’éther, qui existait au Moyen Age, notamment pour les alchimistes. Les éléments de l’eau, la terre, le feu et l’air jouent un grand rôle dans la conception et le développement des cultures de la vigne.

Cette technicité est couplée à une vision du monde intégrant les étoiles et les planètes (le calendrier lunaire est une trace importante de la biodynamie dans la culture agricole), que l’on reconnait bien dans le monde paysan de naguère. Il existe aussi un regard holistique, connectant complètement les espèces avec le milieu naturel.

Une sphère très importante à ce titre est celle de l’organisme : une structure agricole fonctionne à l’échelle d’un hameau, avec 4 ou 5 familles, qui peuvent couvrir l’ensemble des cultures possibles sur leur terrain. Cela peut même aller jusqu’à de l’accueil touristique, et le fait d’être nombreux permet un roulement, surtout dans les moments plus calmes de l’année (l’agriculture est très saisonnière, ce qui permet à l’humain aussi de respecter ses cycles de forme ou de méforme).

De nombreux hameaux de montagne ont probablement existé sur ces bases pendant des centaines d’années. Il s’agit de peuplements qui datent parfois de la préhistoire, et dont l’existence perdure par transmission familiale, et par exploitation (c’est à dire organisation et structuration) des ressources locales.

Dernier grand courant culturel dans la ruralité, qui pour le coup est assez urbain, la permaculture apporte à notre période contemporaine une très grosse technicité à l’échelle des potagers, voire des vergers. Développée en Australie, un des principes importants de la permaculture est d’utiliser des connaissances agronomiques développées sur d’autres bases philosophiques, que l’on retrouve par exemple en Nouvelle-Guinée (par exemple la technique de l’étagement des cultures).

Certaines techniques peuvent être différentes. Si les bases et les héritages proviennent à priori des mêmes racines de connaissances et d’une même approche (holistique) du monde, une acculturation a été entreprise en s’inspirant d’autres pratiques, connues sous d’autres latitudes. Tout cela constitue notre melting-pot, fondé sur des siècles, et continuer à tenir la « pâte » de ce mélange, ou à l’améliorer, serait un gage de notre savoir et de notre maîtrise.

Repères :

– Voyage en biodynamie (L’Age de Faire)

Les 12 meilleurs e-boks et pdf sur le potager (Aquitaine décroissance).


Back To Top